Le thème de l’édition 2026
Désordre
Pour la 13ème édition du Prix Dauphine pour l’Art Contemporain, les binômes candidats sont invités à explorer le thème du Désordre. Nous proposons d'interroger la dialectique entre l’ordre et son contre-champ subversif afin de créer, visibiliser, penser les espaces, les personnes, les matières, les collectif·ves pour qui le désordre constitue une réponse à l’ordonnement morose des choses.
Le désordre gêne et dérange car il est politique, engageant et émancipateur. Dans un monde obsédé par le contrôle, il remet en question les structures, les normes ancrées dans nos sociétés. Il est un instrument de lutte nécessaire face à l’ordre établi qui ordonne nos sociétés et écrase les individu·e·s de son poids capitaliste. Le concept se pense en contradiction avec la structure actuelle du monde : le système économique, la crise écologique, les rapports de domination genrés, coloniaux, les normes sociales… Alors que l’ordre hiérarchise, affaiblit, bâillonne; le désordre, dans ses possibilités de changement, d’adaptation marginale, d’auto-organisation, de résistance, ouvre une brèche porteuse d’espoir.
L’appel à projets
L’appel à candidature s’adresse à la création émergente, c’est-à-dire à tous les curateur·rice·s et artistes plasticien·ne·s de moins de 30 ans, étudiant·e·s ou jeunes professionnel·le·s, sans distinction de nationalité ou de pratique (photographie, peinture, installation, vidéo, etc.).
Seront retenues les candidatures composées d’un binôme avec un·e artiste et un·e curateur·rice, âgé·e·s tous·tes deux de moins de 30 ans à la date de clôture de l’appel à projet. Les œuvres présentées peuvent être des œuvres déjà existantes ou créées spécifiquement pour le Prix.
Les candidat·e·s devront présenter une ou plusieurs pièces. Les éléments fournis doivent permettre au comité de sélection de se faire l’idée la plus précise possible du projet des candidat·e·s.
Le désordre constitue une riposte à un problème qui se veut structurel et descendant, en ouvrant la possibilité à une révolution de la forme, de l’espace et des modes d'organisation. Sa puissance et sa nécessité résident dans sa capacité à proposer une solution poétique, dans sa dimension esthétique et matérielle. C’est un espace ouvert par la création artistique, qui dans chaque médium et discipline permet de remettre en cause nos manières de voir, de bouger, d'écouter, de penser… Il occupe souvent une place précieuse dans la fabrication de nouvelles représentations, de nouveaux imaginaires et, pour les artistes, dans le processus de création.
Cette note d’intention souligne que dans la grisaille ordinaire, le désordre ravive un bonheur collectif là où il semblait disparu. Il permet d’envisager une alternative à un ordre qui se veut triste. Le désordre égaye, rassemble et ouvre la voie vers un ordre nouveau, vers plus d’équité, plus de partage, plus de lien, plus de joie. Loin de l’image chaotique qu’on lui attribue, le désordre est une reconfiguration libératrice.
Ainsi, nous proposons d’explorer le désordre comme démarche politique et poétique, comme réponse instinctive à l’ordre établi. Comment, à différentes échelles, le désordre permet d’imaginer des lendemains plus joyeux et d'appréhender de nouveaux récits ?
Lê Hoàng Nguyên—Prix du Public PDAC 2025 : Dopamine Photographie ©Ecchymosis no data
Photographie ©Phileo
Nous vous remercions pour tous vos projets et avons hâte de les découvrir.
Rendez-vous début avril pour l’annonce des binômes sélectionnés.
Merci, de la part de toute l’équipe du Prix Dauphine pour l’Art Contemporain!